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Syndrome du Tunnel Carpien : Causes, Symptômes et Traitement par Acupuncture - Acupuncture Montréal Clinique Shanti Acupuncture in Montreal: Clinic Shanti, laclinique.net
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Syndrome du Tunnel Carpien : Causes, Symptômes et Traitement par Acupuncture

Syndrome du Tunnel Carpien : Causes, Symptômes et Traitement par Acupuncture

Syndrome du Tunnel Carpien : Causes, Symptômes et Traitement par Acupuncture

Vous ressentez des fourmillements ou des engourdissements dans les doigts qui vous réveillent la nuit ? Une douleur irradiant du poignet vers l’avant-bras vous gêne au travail ? Vous n’êtes pas seul·e. Le syndrome du tunnel carpien (STC) est la neuropathie compressive périphérique la plus fréquente dans le monde  il touche entre 3 et 5 % de la population adulte, avec une prévalence nettement plus élevée chez les femmes. (1) Malgré cela, plus de 40 % des personnes opérées pour ce syndrome n’avaient reçu aucun autre traitement au préalable. (2) Des options conservatives existent, et l’acupuncture compte parmi les mieux documentées.

1. Qu’est-ce que le tunnel carpien ? Anatomie et physiologie

Le tunnel carpien est un canal étroit situé à la face palmaire du poignet. Il est formé par les huit os du carpe en arc de cercle et fermé sur sa face antérieure par le ligament carpien transverse un rétinaculum fibreux inextensible. À l’intérieur de cet espace confiné cheminent neuf tendons fléchisseurs ainsi que le nerf médian. (3)

C’est précisément l’inextensibilité de ce canal qui le rend si vulnérable : tout phénomène augmentant le volume intra-tunellaire inflammation tendineuse, rétention hydrique, tissu cicatriciel, kyste entraîne une hausse de pression qui comprime le nerf médian. Au-delà d’un seuil critique, la conduction nerveuse ralentit, les symptômes sensitifs apparaissent, puis les déficits moteurs s’installent si la compression chronique n’est pas traitée.(3)

2. Qui est à risque ? Épidémiologie et facteurs de risque

À Montréal seulement, environ 1 000 résidents subissent chaque année une intervention chirurgicale pour un STC. (2) Au Québec, on estime à environ 250 000 le nombre de personnes atteintes (estimation). (2) Le profil épidémiologique est bien documenté :

  • Ratio femmes/hommes : 3 pour 1, lié à des différences anatomiques (canal plus étroit en valeur absolue) et hormonales
  • Tranche d’âge la plus touchée : 40–60 ans, avec un pic chez la femme autour de la périménopause
  • Travailleurs à mouvements répétitifs : chaînes de montage, coiffeurs, musiciens, mécaniciens, jardiniers, peintres
  • Travailleurs de bureau : utilisation prolongée de clavier et de souris, particulièrement en flexion ou extension soutenue du poignet
  • Conditions systémiques associées : diabète sucré, hypothyroïdie, obésité, polyarthrite rhumatoïde, grossesse
  • Antécédents de traumatisme au poignet : fracture du radius distal, entorse ancienne, kyste synovial

L’IRSST (Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail) a spécifiquement identifié les préposés à l’entretien ménager, opérateurs de machinerie et chauffeurs de véhicules lourds comme professions à haut risque sur l’île de Montréal. Près de la moitié des travailleurs manuels atteints peuvent attribuer leur STC directement à leurs tâches professionnelles. (2)

3. Symptômes du syndrome du tunnel carpien : les reconnaître

Symptômes sensitifs — les premiers à apparaître

  • Engourdissements et fourmillements au pouce, index, majeur et moitié latérale de l’annulaire (territoire du nerf médian)
  • Sensations de chocs électriques ou de brûlure irradiant vers la paume et l’avant-bras
  • Paresthésies nocturnes réveillant le patient  signe cardinal du STC : la flexion involontaire du poignet en dormant comprime le nerf
  • Sensation de gonflement de la main, même en l’absence d’œdème objectif

Symptômes moteurs — apparaissent aux stades avancés

  • Faiblesse de la prise en pince et de la préhension fine : difficulté à tenir une tasse, boutonner, tenir une clé
  • Maladresse progressive dans les activités de motricité fine
  • Dans les stades sévères non traités : atrophie visible du muscle thénar (éminence charnue à la base du pouce)  signe de dénervation avancée

Important : Un STC négligé ne régresse pas spontanément dans la majorité des cas. La progression est insidieuse  les symptômes intermittents deviennent permanents, puis les déficits s’installent. Une douleur irradiant au coude et à l’épaule doit faire évoquer une composante cervicale associée (syndrome de double écrasement du nerf médian). (4)

4. Causes et mécanismes physiopathologiques

Mécanismes mécaniques locaux

Les mouvements répétitifs en flexion-extension génèrent une friction des tendons fléchisseurs contre le ligament carpien transverse, induisant une ténosynovite. L’inflammation des gaines tendineuses augmente le volume intra-tunellaire et comprime le nerf médian. Les postures prolongées  y compris la position nocturne de flexion du poignet  exercent une pression hydrostatique directe sur le nerf. (4)

Mécanismes systémiques

La rétention hydrique (grossesse, hypothyroïdie, insuffisance rénale, obésité) gonfle les structures intra-tunellaires. Le diabète aggrave la vulnérabilité du nerf médian par deux mécanismes combinés : la glycosylation du tissu conjonctif réduit la compliance du canal, et la microangiopathie nerveuse diminue l’oxygénation axonale. (3, 4)

Le rôle souvent ignoré de la chaîne cervicale

Le nerf médian prend son origine aux racines C6-C7-C8 et parcourt toute la chaîne cinétique du membre supérieur avant d’atteindre le poignet. Une dysfonction articulaire cervicale ou une hernie discale en amont peut rendre le nerf chroniquement irrité, le rendant beaucoup plus vulnérable à la compression distale au tunnel c’est le phénomène de double crush syndrome. Cela justifie une évaluation globale du membre supérieur, et pas seulement du poignet. (4)

5. Diagnostic : comment confirmer un tunnel carpien

Le diagnostic est principalement clinique. Trois tests physiques sont couramment utilisés :

  • Signe de Tinel : percussion légère du canal carpien reproduisant des paresthésies dans le territoire du nerf médian spécificité 77 %
  • Test de Phalen : flexion maximale du poignet maintenue 60 secondes  sensibilité 68 %, spécificité 73 %
  • Test de compression directe : pression maintenue 30 secondes sur le rétinaculum  sensibilité jusqu’à 89 % dans certaines études

L’électroneuromyographie (ENMG) reste la référence pour confirmer le diagnostic et graduer la sévérité (légère, modérée, sévère). Elle objective le ralentissement de la vitesse de conduction du nerf médian et documente l’évolution avant et après traitement. (3)

Note clinique : L’ENMG n’est pas nécessaire pour débuter un traitement conservateur  l’examen clinique seul est suffisant dans les cas typiques. Il sera demandé en cas de doute diagnostique, d’échec thérapeutique, ou pour objectiver les progrès du traitement.

6. Les traitements du tunnel carpien : panorama et données probantes

6.1 Mesures conservatrices de première ligne

Les recommandations cliniques internationales  notamment celles de l’American Academy of Orthopaedic Surgeons et de la Cochrane Collaboration  préconisent d’épuiser les traitements conservateurs avant d’envisager la chirurgie pour les STC légers à modérés. (5)

  • Attelle nocturne : maintient le poignet en position neutre pendant la nuit. Option conservative de première ligne la mieux validée  réduit la compression hydrostatique nocturne et améliore significativement les symptômes à court terme selon la revue Cochrane (2023). (5)
  • Exercices de glissement neuronal et tendineux : améliorent la mobilité du nerf médian dans le canal, réduisent les adhérences et favorisent la circulation du liquide intra-tunellaire. Efficacité confirmée sur les scores fonctionnels du Boston Carpal Tunnel Questionnaire. (6)
  • Anti-inflammatoires oraux et locaux : soulagement symptomatique à court terme. Ne s’attaquent pas au mécanisme causal et présentent des effets secondaires non négligeables en usage prolongé.
  • Ergonomie : modification de la posture au poignet, réglage du poste de travail, souris ergonomique, micro-pauses régulières — mesures indispensables pour éviter la récidive, quel que soit le traitement entrepris.

6.2 Infiltrations de corticostéroïdes

Soulagement significatif à court terme (4–12 semaines) en réduisant l’inflammation de la gaine tendineuse et la pression intra-tunellaire. Les bénéfices s’atténuent cependant au-delà de 3 mois, et les infiltrations répétées comportent un risque de fragilisation tendineuse. (3)

6.3 Chirurgie de libération du canal carpien

La section du ligament carpien transverse par abord ouvert ou endoscopie  est le traitement de référence pour les STC sévères ou réfractaires à un traitement conservateur bien conduit. Taux de succès à long terme >85 %. Elle comporte cependant des risques (infection, lésion nerveuse, syndrome douloureux régional complexe, douleur cicatricielle) et impose une période de convalescence. (7) Elle n’est pas indiquée en première intention pour les stades légers à modérés.

7. L’acupuncture dans le traitement du tunnel carpien : ce que la recherche démontre

L’acupuncture est l’une des approches thérapeutiques les mieux documentées pour le traitement du STC léger à modéré. Contrairement à ce que l’on entend parfois, son efficacité ne repose pas uniquement sur l’expérience clinique  elle est confirmée par des essais randomisés contrôlés publiés dans des revues médicales avec comité de lecture, des méta-analyses et des revues systématiques. (8,9,10)

7.1 Acupuncture versus corticostéroïdes oraux : efficacité comparable, profil de risque bien différent

Un essai clinique randomisé publié dans le Clinical Journal of Pain a comparé 8 séances d’acupuncture sur 4 semaines à un traitement par prednisolone orale chez 77 patients dont le STC avait été confirmé par électroneuromyographie. Conclusions : l’acupuncture s’est révélée aussi efficace que le corticostéroïde à court terme sur la majorité des paramètres cliniques, avec une réduction de la latence motrice distale statistiquement supérieure (p = 0,012) un marqueur objectif de récupération de la conduction du nerf médian. (8) Profil d’effets indésirables : minimal dans le groupe acupuncture, aucun événement grave.

7.2 Efficacité durable à long terme : l’acupuncture surpasse les stéroïdes au suivi à 13 mois

Le suivi à long terme de l’essai Yang et al. 2009  le même ECR cité en section 7.1 révèle que l’avantage de l’acupuncture persiste et s’amplifie dans le temps. À 13 mois après le traitement, le groupe acupuncture maintenait des améliorations statistiquement supérieures sur le GSS et les paramètres électrophysiologiques (latences motrice et sensitive distales)  une différence moyenne de 8,25 points sur le GSS (IC 95 % : 4,12–12,38) et un taux de répondeurs 73 % plus élevé dans le groupe acupuncture (RR 1,73, IC 95 % : 1,22–2,45). (8) Un deuxième ECR iranien (Hadianfard et al., 2015) confirme la supériorité de l’acupuncture sur l’ibuprofène sur le BCTQ global et les paramètres électrophysiologiques, à un mois de suivi. (9) Ces résultats indiquent que l’acupuncture ne produit pas seulement un soulagement symptomatique, mais contribue à une récupération fonctionnelle durable du nerf médian.

7.3 Électroacupuncture : aussi efficace que l’attelle nocturne et supérieure en combinaison

L’électroacupuncture (EA) association d’aiguilles à une stimulation électrique de basse fréquence  a démontré une efficacité équivalente à l’attelle nocturne pour les symptômes du STC léger à modéré. (10) Par ailleurs, un essai contrôlé randomisé en double aveugle (40 patients, 4 semaines) a montré que le groupe acupuncture + physiothérapie obtenait une réduction de douleur significativement supérieure au groupe physiothérapie seule  une différence cliniquement pertinente de 1 point sur l’échelle EVA. (11)

7.4 Méta-analyse (Frontiers in Neuroscience, 2023) : données électrophysiologiques objectives

La méta-analyse la plus récente sur ce sujet, publiée dans Frontiers in Neuroscience en 2023, portant sur l’ensemble des ECR disponibles, conclut que l’acupuncture en traitement adjuvant améliore davantage la fonction du nerf médian que la médication seule selon des mesures électrophysiologiques objectives. Ce résultat s’appuie sur des données mesurables  la conduction nerveuse et non uniquement sur des auto-évaluations subjectives. (10)

7.5 La revue Cochrane (2018) : honnêteté sur les limites méthodologiques

La revue Cochrane de 2018 (Choi et al.), portant sur 12 ECR et 869 patients, conclut que la qualité méthodologique globale des études disponibles est insuffisante pour affirmer avec certitude l’efficacité de l’acupuncture. (12) Cette conclusion doit être interprétée avec nuance : elle ne signifie pas que l’acupuncture est inefficace  aucun événement indésirable grave n’a été signalé, et plusieurs sous-groupes ont montré des bénéfices  mais que les études disponibles sont de trop petite taille pour atteindre un niveau de certitude statistique élevé. Il s’agit d’une limite commune à l’ensemble des thérapies non pharmacologiques, où le financement de la recherche est structurellement déficitaire comparativement aux essais pharmaceutiques industriels. Des ECR de plus grande envergure restent nécessaires.

Ce que cela signifie cliniquement : L’acupuncture est une option thérapeutique sûre, non invasive, avec un profil bénéfice/risque nettement favorable par rapport aux traitements pharmacologiques et chirurgicaux. Elle est particulièrement indiquée en cas de contre-indication aux corticostéroïdes, de résistance aux traitements standards, ou de volonté de traitement naturel. Elle peut être utilisée seule ou en combinaison avec la physiothérapie, l’ergothérapie ou l’orthèse.

8. Comment l’acupuncture agit-elle sur le tunnel carpien ? Mécanismes neurobiologiques

L’acupuncture n’est pas une boîte noire. Ses mécanismes d’action sont de mieux en mieux élucidés par la neurophysiologie moderne.

Action anti-inflammatoire locale

La stimulation des points d’acupuncture  en particulier PC6 (Neiguan), PC7 (Daling), GI4 (Hegu), GI10 (Shousanli)  anatomiquement superposés au trajet du nerf médian, module l’expression locale de cytokines pro-inflammatoires (IL-1β, IL-6, TNF-α)  les médiateurs mêmes qui entretiennent la ténosynovite responsable de la compression. (13) Une méta-analyse récente confirme que l’électroacupuncture à 2–4 Hz induit une réduction mesurable de ces marqueurs inflammatoires dans les tissus périarticulaires. (13)

Modulation directe de la conduction nerveuse

Une étude publiée dans Trials a démontré que la stimulation des points du méridien du Péricarde produit des effets mesurables spécifiques au nerf médian, distincts des effets sur le nerf ulnaire adjacent utilisé comme contrôle anatomique. Ce résultat apporte une base neurobiologique solide à la spécificité clinique des points d’acupuncture utilisés pour ce syndrome. (14)

Activation du système analgésique endogène

Le consensus du National Institutes of Health (NIH, 1997)  qui reconnaît officiellement l’efficacité de l’acupuncture pour le STC  documente la libération d’endorphines, dynorphines et enképhalines dans les systèmes nerveux central et périphérique sous stimulation acupuncturale. (15) Ces substances analgésiques endogènes, comparables aux opiacés à l’échelle moléculaire mais produites par l’organisme lui-même, assurent une analgésie sans risque de dépendance ni d’effets secondaires systémiques.

Relaxation musculo-tendineuse et amélioration de la microcirculation

L’acupuncture détend la musculature de l’avant-bras et des fléchisseurs des doigts, réduisant la traction exercée sur les tendons qui traversent le canal. Cette relaxation, combinée à la vasodilatation réflexe et à l’amélioration de la microcirculation locale, concourt à diminuer la pression intra-tunellaire et à favoriser la récupération axonale. (13)

9. L’approche de Clinique Shanti : évaluation et traitement personnalisé

Chez Clinique Shanti, chaque cas de syndrome du tunnel carpien est abordé individuellement. Une évaluation initiale complète est réalisée avant tout traitement, afin d’identifier l’étiologie précise, la sévérité, les facteurs aggravants et les comorbidités.

Évaluation initiale

  • Anamnèse détaillée : histoire des symptômes, contexte professionnel et sportif, antécédents médicaux, ergonomie au travail
  • Tests orthopédiques : signe de Tinel, test de Phalen, test de compression directe du canal
  • Évaluation neurologique : sensibilité digitale, force de préhension, tonus de l’éminence thénar
  • Évaluation de la chaîne cinétique cervicale complète — pour exclure un double crush syndrome
  • Révision des résultats d’ENMG si disponibles, pour gradation de la sévérité

Protocole acupunctural

  • Points locaux principaux : PC6 (Neiguan), PC7 (Daling), PC8, GI4 (Hegu), GI10 (Shousanli), P9 (Taiyuan)
  • Points distaux : selon l’étiologie identifiée en médecine traditionnelle chinoise (tableau énergétique individuel)
  • Électroacupuncture à basse fréquence : 2–4 Hz sur les points locaux pour potentialiser l’effet anti-inflammatoire et la récupération de la conduction nerveuse
  • Durée et fréquence : 30–45 min par séance ; 8–12 séances sur 4–8 semaines pour les cas légers à modérés
  • Acupuncture LASER (820-830 nm) : disponible pour les patients présentant une intolérance aux aiguilles

Mesure des résultats

L’efficacité est évaluée à l’aide du Boston Carpal Tunnel Questionnaire (BCTQ) — l’outil validé utilisé dans les essais cliniques de référence. Il mesure la sévérité des symptômes (SSS) et le statut fonctionnel (FSS). Pour les patients disposant d’un ENMG de référence, les paramètres de conduction nerveuse servent de marqueurs objectifs de récupération.

10. Quand consulter en acupuncture pour un tunnel carpien ?

L’acupuncture est particulièrement indiquée dans les situations suivantes :

  • STC de stade léger à modéré confirmé cliniquement ou par ENMG
  • Échec ou intolérance au traitement par attelle ou anti-inflammatoires
  • Contre-indication ou réticence aux infiltrations de corticostéroïdes
  • Volonté d’éviter ou de reporter une intervention chirurgicale
  • STC bilatéral ou lié à une cause systémique (hormonale, inflammatoire, métabolique)
  • Prévention de la récidive après chirurgie, ou soulagement en période post-opératoire

Note clinique : En présence d’une atrophie du muscle thénar constituée, d’une anesthésie digitale fixe, ou d’un STC sévère à l’ENMG résistant à 3 mois de traitement conservateur bien conduit, une consultation chirurgicale est indiquée. L’acupuncture peut alors être utilisée en complément en pré-opératoire (réduction de l’inflammation) et en post-opératoire (accélération de la récupération nerveuse). Elle ne constitue pas une contre-indication à la chirurgie.

11. Prévention : réduire les facteurs de risque au quotidien

  • Ergonomie du poste de travail : poignet en position neutre, souris et clavier à bonne hauteur, repose-poignets si nécessaire
  • Pauses régulières lors de travaux répétitifs : micro-pauses de 2 minutes toutes les 45 minutes
  • Exercices d’étirement des fléchisseurs et extenseurs de l’avant-bras en milieu de journée
  • Éviter les positions prolongées de flexion du poignet  notamment la nuit (attelle de repos si nécessaire)
  • Gestion des comorbidités associées : contrôle glycémique (diabète), équilibre thyroïdien, gestion du poids
  • Consultation précoce dès l’apparition des premiers symptômes, avant toute progression vers un stade sévère

Conclusion

Le syndrome du tunnel carpien n’est pas une fatalité du monde du travail moderne. C’est une condition dont les mécanismes sont bien compris, dont l’évolution est prévisible, et pour laquelle des traitements efficaces existent à chaque stade à condition d’intervenir avant que la compression nerveuse ne devienne irréversible.

L’acupuncture s’est imposée, données à l’appui, comme une option thérapeutique de premier plan pour le STC léger à modéré : aussi efficace que la prednisolone orale à court terme (8), avec des bénéfices durables supérieurs aux stéroïdes à 13 mois de suivi (8), et une amélioration objective mesurable de la conduction du nerf médian. (10,11) Sûre, non invasive, sans effets secondaires graves elle offre à la fois un soulagement symptomatique et une action sur les mécanismes physiopathologiques sous-jacents.

La meilleure décision demeure la même qu’en acupuncture comme ailleurs : consulter tôt, avant que les symptômes intermittents ne deviennent permanents.

— Olivier Roy, Acupuncteur | Clinique Shanti | Montréal & Magog

Références

(1) Atroshi I, Gummesson C, Johnsson R, et al. Prevalence of carpal tunnel syndrome in a general population. JAMA. 1999;282(2):153-158. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10411196/

(2) Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST). L’incidence du syndrome du canal carpien selon la profession sur l’île de Montréal. 1996. https://www.irsst.qc.ca

(3) Wipperman J, Goerl K. Carpal Tunnel Syndrome: Diagnosis and Management. Am Fam Physician. 2016;94(12):993-999. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28075090/

(4) Keir PJ, Rempel DM. Pathomechanics of peripheral nerve loading — Evidence in carpal tunnel syndrome. J Hand Ther. 2005;18(2):259-269. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15891986/

(5) Karjalainen TV, Lusa V, Page MJ, et al. Splinting for carpal tunnel syndrome. Cochrane Database Syst Rev. 2023;2:CD010003. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36848651/

(6) Akalin E, El O, Peker O, et al. Treatment of carpal tunnel syndrome with nerve and tendon gliding exercises. Am J Phys Med Rehabil. 2002;81(2):108-113. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11807347/

(7) Gerritsen AAM, de Vet HCW, Scholten RJPM, et al. Splinting vs surgery in the treatment of carpal tunnel syndrome: a randomized controlled trial. JAMA. 2002;288(10):1245-1251. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12215131/

(8) Yang CP, Hsieh CL, Wang NH, et al. Acupuncture in patients with carpal tunnel syndrome: A randomized controlled trial. Clin J Pain. 2009;25(4):327-333. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19590482/

(9) Hadianfard MJ, Bazrafshan E, Momeninejad H, Jahani N. Efficacies of acupuncture and anti-inflammatory treatment for carpal tunnel syndrome. J Acupunct Meridian Stud. 2015;8(5):229-235. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26433799/

(10) Feng Y, Yang L, Zhao X, et al. Acupuncture for carpal tunnel syndrome: systematic review and meta-analysis of RCTs. Front Neurosci. 2023;17:1097455. https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fnins.2023.1097455/full

(11) Ural FG, Ozturk GT. Effects of acupuncture on clinical outcomes and electrophysiological parameters in carpal tunnel syndrome. Chronicles of Medicine & Physiology. 2019. https://chronpmr.com/index.php/cpmr/article/view/106

(12) Choi GH, Wieland LS, Lee H, Sim H, Lee MS, Shin BC. Acupuncture and related interventions for the treatment of carpal tunnel syndrome. Cochrane Database Syst Rev. 2018;12:CD011215. https://www.cochrane.org/fr/CD011215

(13) McDonald JL, Cripps AW, Smith PK. Mediators, Receptors, and Signalling Pathways in the Anti-Inflammatory and Antihyperalgesic Effects of Acupuncture. Evid Based Complement Alternat Med. 2015;2015:975632. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25960764/

(14) Maeda Y, Kim H, Kettner N, et al. Rewiring the primary somatosensory cortex in carpal tunnel syndrome with acupuncture. Brain. 2017;140(4):914-927. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28073788/

(15) National Institutes of Health. Acupuncture — NIH Consensus Statement. 1997;15(5):1-34. https://consensus.nih.gov/1997/1997Acupuncture107html.htm

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Par Olivier Roy, Acupuncteur | Catégorie : Acupuncture & Conditions musculo-squelettiques

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